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Soirée annuelle 2013 avec Jean Steinauer


Discours de M. Pascal Kuenlin, Président du Grand Conseil fribourgeois

29 novembre 2013, école d’ingénieurs


Au nom du Grand Conseil fribourgeois dont je me fais ici l’interprète, je vous remercie tout d’abord de l’invitation à votre soirée annuelle, un des événements incontournables de l’année associative et culturelle fribourgeoise.

Je considère, et le Législatif cantonal à travers moi, que les autorités de notre Canton doivent reconnaître ceux qui s’engagent pour le maintien d’activités telles que la musique, qui a ce petit quelque chose de prenant, d’entêtant et de merveilleux. Au risque de passer ce soir pour un flatteur, j’aimerais ici vous rendre hommage. Plus précisément, j’aimerais rendre hommage à votre engagement.

Dans un monde où seul ce qui a de la valeur marchande a de la valeur tout court, il est plus facile de se moquer du don de soi que de prendre ses responsabilités. Eh bien, vous tous qui êtes ici, vous n’avez pas choisi cette facilité. Vous consacrez votre temps, votre énergie et un peu de vos moyens à la pérennité de votre Société, c’est-à-dire à quelque chose qui n’a pas de prix.

Votre Société par le rôle qu’elle joue de « Musique officielle » de notre capitale mérite particulièrement le don de votre engagement et de ceux qui vous ont précédé tout au long de ces 131 années.

Imaginez.

Imaginez combien de musiciens vous ont précédés et les difficultés qu’ils ont affrontées Imaginez les heures d’efforts qu’ils ont accumulées. Imaginez l’énergie et la foi qu’ils ont déployées pour maintenir la Société qui était la leur. Cette belle pérennité doit nous rassurer sur nos capacités à affronter les défis.

Et sur ce point et en parlant un instant de politique, il y a quelque chose que j’aimerais partager avec vous. Je viens de parler des difficultés à surmonter. Il y a parfois de fausses idées qu’il faut dépasser. Et j’ai eu l’occasion de le répéter à plusieurs reprises lors de mon année présidentielle qui s’achève bientôt : j’ai parfois le sentiment que, dans notre Canton, nous sommes habitués au succès, que, dans notre Canton comme ailleurs aussi, tout semble être dû, tout est normal, que le succès fait partie de l’histoire de notre région et qu’il n’y a pas lieu de trop se remettre en question. Pourtant des décisions importantes devront être prises pour que Fribourg ait l’image qu’il souhaite en donner, maintienne son attractivité, donne encore envie à de nombreuses personnes de s’y installer et surtout de s’intégrer dans le cadre d’une vie associative où une société comme la vôtre à son rôle à jouer.

Fusions de communes, hôpitaux, finances cantonales. Les sujets ne manquent pas. Et pourtant, il semble que certains débats sont impossibles à mener à leur terme. Le président Kennedy auquel nous rendions hommage récemment disait : « Le vrai politique, c’est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions ». Je forme donc le voeu que Fribourg fasse tout, ces proches années, pour préserver son idéal sans se bercer d’illusion sur la sécurité trompeuse de l’immobilisme.

Permettez-moi maintenant de vous faire une confidence moins sérieuse et moins polémique. Nous avons probablement un point commun sur lequel nous pouvons, La Concordia et le Grand Conseil, nous retrouver. De par sa composition en effet, le Grand Conseil me fait parfois penser à un orchestre dont le qualificatif d’harmonique ou de symphonique n’a que peu de chance de se vérifier.

Du haut du perchoir, j’aperçois quelques joueurs de triangle qui ont bien du mal à varier leurs discours, tant il est vrai que le son du triangle reste à peu près toujours le même. J’aperçois autant à ma gauche qu’à ma droite quelques solistes dont la capacité d’improvisation est tout aussi difficile à maîtriser que le respect du temps de parole qui leur est imparti, quelques grosses caisses, cymbales et autres adeptes de la percussion qui, à chaque fois qu’ils entrent en action, pensent frapper un grand coup et quelques premiers violons qui tentent aussi parfois de donner le « la » d’une orientation politique.

Bref, à certains égards pour celui qui vous parle et qui a toujours rêvé d’exercer la profession de chef d’orchestre s’il en avait été capable, cette soirée de La Concordia me permet un tout petit peu de m’approcher de mon idéal.

J’aimerais pour terminer ici dire quelques mots à propos des jeunes et de votre relève. J’ai appris que, Jean-Claude Kolly, après des 20 ans de direction à la tête de La Concordia, avait décidé de reprendre aussi la direction des Cadets. Cette nouvelle a retenu toute mon attention, car la formation des jeunes doit demeurer au centre de nos préoccupations.

Comme musiciens, comme citoyens, les jeunes sont le cœur de notre avenir commun. Et former des jeunes, les préparer à leur devenir, en faire des adultes, ce n’est pas que le rôle de l’école. Si votre Société y contribue également, cela doit être salué.

La musique est une ouverture. Sur la culture, sur le monde. La musique est aussi un apprentissage. Celui de la rigueur, celui de l’effort continu pour parvenir à un résultat. À rebours de la société de l’immédiateté. Le « tout, tout de suite » ne marche pas avec la musique.

C’est à force de persévérance que l’on y parvient. Vous le savez bien. Et si davantage de jeunes suivaient cette école de vie, peut-être que notre société irait un peu mieux.

Pour toutes ces raisons, pour tout ce que vous apportez, pour tous les efforts que vous faites malgré tout, c’est ici le moment d’exprimer la reconnaissance des autorités cantonales. Beaucoup avant moi ont dû vous le dire. Mais certaines vérités doivent néanmoins être répétées. À toutes et tous : merci !

Je souhaite à votre Société longue vie, et à vous tous j’adresse mes remerciements et ma reconnaissance personnelle pour tout ce que vous faites.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite une excellente soirée.


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