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Deux harmonies, une amitié

La Liberté – Mardi 25 septembre 2018

“Vive l’amitié !” s’exclame Dominique de Buman, président du Conseil national, au terme de son allocution d’ouverture du concert de dimanche soir. Donné à la salle Equilibre de Fribourg en présence de Serguei Garmonine, ambassadeur de la Fédération de Russie en Suisse, il a réuni La Concordia et le prestigieux ensemble des cadets Souvorov de Moscou. Deux harmonies qui, à leur manière, ont fait dimanche la preuve de leur excellence.

On ne peut qu’être épaté par la générosité et la virtuosité des jeunes hommes de la fanfare des cadets de l’école militaire et musicale Souvorov de Moscou. Réservant une ovation debout à l’ensemble russe, le public venu en nombre ne s’y est pas trompé. Tout commence par la fougue d’une ouverture intitulée La joie de vivre, où l’ensemble, sous la conduite de Kirill Cherchik, ose des élans fougueux et des fortissimos enveloppants.

Et si d’une pièce à l’autre, cet orchestre louvoie avec souplesse entre rythmes de valse et accents latino-américains, c’est dans les morceaux avec solo que s’exprime tout le talent des musiciens. Un jeune xylophoniste se joue avec la plus grande décontraction de la pièce vertigineuse dont il est l’époustouflante vedette. Dans telle chanson populaire russe, dirigée par Mikhaïl Kousline, l’auditoire goûte les voix d’hommes qui s’élèvent, accompagnées par l’accordéon et la balalaïka. Et enfin, l’ensemble de tambours propose un moment musical où, plus encore que le son vigoureux des percussions, le jeu de scène précis, amusant par moments, s’avère enthousiasmant. De quoi raviver cette forme musicale !

En lever de rideau, La Concordia interprète des pièces techniques savamment nuancées. Sous la direction sobre et onctueuse d’un Jean-Claude Kolly soucieux de ménager ses effets, Symphonic Overture, pièce de James Barnes, révèle un ensemble au son impeccable, où l’on relève la chaleur du registre des cors. Dans Yokohama Festival Overture, les cuivres sont à la fête et créent un beau jeu de lumières en entrée. Les registres de clarinettes et de flûtes font montre d’une grande clarté dans leurs traits les plus agiles. Ils complètent une version pleine d’allant et d’esprit de cette oeuvre signée Jan Van Der Roost.

Daniel Fattore