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La Concordia fait le plein de confiance à l’aula

La Liberté – Mardi 11 juillet 2017

Dimanche, La Concordia de Fribourg reçoit le Sinfonisches Blasorchester de Berne

Sonnez, trompettes! Roulez, tambours! Et surtout, suivez le guide… Au pupitre de La Concordia, Jean-Claude Kolly fixe le cap, sa baguette vissée au poing droit alors que sa main gauche dessine une gestuelle à la fois ferme et fluide. Cet élégant langage des signes rend l’orchestre très bavard, mais aucune réplique n’est laissée au hasard. Ce serait fatal dans un programme aussi exigeant que celui présenté à l’aula de l’Université de Fribourg dimanche soir, deux semaines avant le Concours mondial des harmonies aux Pays-Bas.

Après avoir applaudi en première partie leurs collègues du Sinfonisches Blasorchester de Berne, l’autre formation suisse en lice à Kerkrade, les souffleurs fribourgeois s’élancent avec appétit à la conquête du Divertimento d’Oliver Waespi. Lyrique, jazzy, folklorique, La Concordia se plaît à montrer différents visages en accentuant les traits par des solos bien sentis. Elle révélera ensuite les contrastes de la symphonie Colors of Live, spécialement commandée à Jean-François Michel. L’écriture est par moments très dense, mais le piège de la saturation évité par des musiciens bien rodés. Jean-Claude Kolly organise les nuances, règle les tempi, déclenche des cascades d’unissons tonitruants.

Des enchaînements limpides conduisent à un accord final durement mérité, mais l’orchestre a encore assez de souffle pour terminer le concert sur un extrait d’Out of Earth d’Oliver Waespi. Un petit morceau de bravoure idéal pour faire le plein de confiance avant de se mesurer aux autres harmonies invitées au concours. Le niveau s’annonce élevé, la comparaison directe de ce soir l’aura montré. La formation bernoise a notamment signé une relecture enthousiasmante du Jardin des Hespérides de José Suñer Oriola.

Benjamin Ilschner