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Concert sur fond de concours

La Liberté – Jeudi 6 juillet 2017

Dimanche, La Concordia de Fribourg reçoit le Sinfonisches Blasorchester de Berne

La saison de concerts a touché à sa fin, mais pour certains orchestres, pas question de se relâcher de sitôt. Ainsi pour La Concordia de Fribourg et le Sinfonisches Blasorchester de Berne, deux des meilleures harmonies du pays. Après avoir terminé sur le podium de la catégorie excellence lors de la dernière Fête fédérale de musique à Montreux en juin 2016, les deux formations ont été invitées à participer au Concours mondial des harmonies qui se tient ce mois-ci à Kerkrade, aux Pays-Bas. Pour s’y préparer au mieux, elles se retrouvent ce dimanche soir lors d’un concert commun à l’aula de l’Université Miséricorde à Fribourg.

Le World Music Contest a lieu tous les quatre ans et réunit 250 phalanges du monde entier, couvrant toute la palette des percussions et des fanfares jusqu’à l’harmonie de concert, catégorie reine.

Avant de prendre ses marques dans les coulisses du concours, les Concordiens emmenés par leur directeur Jean-Claude Kolly mettent la dernière main à un programme déjà mûri depuis de longs mois. La pièce maîtresse, la symphonie Colors of live de Jean-François Michel, est flanquée de deux oeuvres d’un autre ambassadeur de la musique suisse, Oliver Waespi.

De l’originalité

“La Concordia m’a donné carte blanche, seule une durée minimale était imposée”, rapporte Jean-François Michel, qui a livré au commanditaire une partition de 25 minutes. Un concours mondial n’étant pas une mince affaire, le compositeur n’a pas hésité à viser haut. Sa symphonie est au moins aussi difficile que Guernica, l’œuvre imposée l’an dernier à la Fédérale de Montreux. “Je n’ai pas cherché un vocabulaire consensuel. Il y a des passages qui demandent du travail pour chaque instrument”, explique le trompettiste, qui avoue être facilement fainéant lui-même si une partie est trop facile à déchiffrer.

Autre ligne de conduite: “Je veux de l’originalité car il y a déjà bien assez de clichés et de schémas”, souligne-t-il, redoutant de voir des musiciens tourner en rond. “Ce n’est pas évident de sortir de son univers habituel mais il faut essayer de faire évoluer les mentalités”, estime le musicien, qui repousse lui-même les limites de son répertoire depuis le début de sa carrière. De l’Orchestre philharmonique de Munich au Collegium Novum de Zurich, il s’est forgé une solide expérience comme interprète, y compris dans les répertoires les plus pointus. “Les échanges avec mes collègues m’amènent à une conclusion finalement assez simple: il y a les musiques qui ont une âme et celles qui n’en ont pas. Il faut qu’on se sente touché, sinon c’est de la musique pour le musée.”

De son côté, l’harmonie bernoise placée sous la direction de Rolf Schumacher a porté son choix sur un poème symphonique du compositeur lausannois Jean Balissat, Les Gursks. Cet opus de 1974 sera encadré par des pages récentes de Toshio Mashima et José Suñer Oriola. 

Benjamin Ilschner