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De la mythologie d’hier au chant d’aujourd’hui

La Liberté – Mercredi 3 février 2016

Fribourg – La Concordia a dévoilé samedi trois visages mythiques de la musique actuelle

Les mythes antiques sont presents partout. Y compris dans certains concerts. Intitulé «Esprits ouverts», celui donné par la Concordia samedi est de ceux-là. L’orchestre d’harmonie a reserve à son public, venu remplir la salle Equilibre de Fribourg, la primeur d’une pièce inédite, «Out of Earth». Inspirée des «Métamorphoses» d’Ovide, cette oeuvre imposante a été jouée en présence de son compositeur, Oliver Waespi.

Tout commence sur un climat trouble, empreint d’une mélancolie soulignée par le jeu lancinant du hautbois solo. Les musiciens maîtrisent parfaitement les fréquents changements de rythme et d’ambiance. D’une clarté cristalline, leur jeu est ample dans les passages executes forte, où les cuivres dominent de tout leur éclat. La Concordia offer de magnifiques moments de grâce et de fraîcheur dans le deuxième mouvement. Et si la troisième partie débute dans une ambiance éthérée, Jean-Claude Kolly, chef d’orchestre inspiré, insuffle à l’harmonie tout le magnétisme voulu pour interpreter les pages les plus groovy d’«Out of Earth».

Le récit de l’«Odyssée» est au coeur de «Wine-Dark Sea», symphonie pour harmonie signee John Mackey. Martiaux, les musiciens de la Concordia donnent à son premier mouvement un rythme bien décidé. La harpe y tient une place de choix, illustrant par un son lumineux les reflets du soleil sur les vagues où erre le navire d’Ulysse. Jean-Claude Kolly confère au mouvement median une sérénité empreinte de chaleur, dans une nuance mezzo forte délicatement éclairée. Le mouvement final, quant à lui, est rendu de façon percutante, les attaques tranchées des musiciens soulignant son caractère implacable.

La Concordia et ses cadets ont proposé un intermède surprise en milieu de concert. Sous la direction de Beat Rosenast, ils se sont mués en accompagnateurs des chanteurs Lily & Blue, le temps d’un bouquet de chansons entraînantes. L’émotion se lit sur les visages souriants de ces deux solistes. Autant que le jeu des Concordiens, leurs voix empreintes de soleil ont trouvé le chemin des coeurs du public, qui leur a accordé une ovation enthousiaste.

Daniel Fattore